Rendue célèbre par le roman de Paulo Coelho, «L’Alchimiste», l’alchimie représente pour le quidam un ensemble de croyances plus ou moins vraies, souvent imprégnées de mysticisme, de sorcellerie, et d’intrigues diverses… La réalité est pourtant toute autre, et la définition de l’alchimie peu aisée. A ce titre, il conviendra d’appeler alchimie la discipline qui a pour objet essentiel l’étude de la matière et des ses transformations: on est bien loin du grimoire de l’alchimiste et de ses alambics mystérieux!

L’objectif premier de l’alchimie en tant que discipline à part entière est le «grand oeuvre», soit la recherche de la «pierre philosophale», laquelle permet la transmutation des métaux… Cette transmutation pourrait s’appliquer à des matériaux nobles, dont l’argent et l’or, ce qui explique peut être cette association quasi systématique dans l’esprit des populations de l’alchimiste à un obscur sorcier qui chercherait à transformer le plomb en or… Le deuxième objectif de l’alchimie, souvent retenu par les historiens, serait la quête de la «panacée», c’est-à-dire de la médecine universelle, ou encore la découverte de l’élixir de longue vie, lequel permettrait d’approcher de la vie éternelle… il est difficile de trouver un axe de définition de l’alchimie simple et compréhensible par tous. Cela s’explique notamment par la part de fabulation, d’histoire, de croyances, lesquelles se mélangent en toute impunité à des fondements philosophiques, mystiques, spirituels, et même parfois scientifiques… C’est cette grande diversité de fondements qui multiplie les possibilités d’approches de l’alchimie en tant que discipline. L’histoire de l’alchimie est millénaire.
On retrouve ainsi déjà en Chine au quatrième siècle avant Jésus Christ des pratiques et des systèmes de pensées qui se rapprochent de l’alchimie. Il en va de même pour l’Inde au sixième siècle… Pour autant, si l’on se réfère aux travaux des historiens (nombreux…) qui se sont penchés sur la question, l’alchimie telle que l’on l’entend apparaît probablement dans l’Egypte hellénistique des Ptolémées, c’est-à-dire durant la période 100 avant Jésus Christ et 300 de notre ère, avec notamment des personnages phares tels que Bolos de Mendes ou Zosime de Panopolis… L’alchimie va ensuite de développer dans l’ensemble du monde arabe, pour rejoindre progressivement l’Europe du Moyen Age puis celle de la Renaissance où elle connaîtra un certain essor. On connaîtra cependant une phase de déclin relatif de l’alchimie à la fin du dix huitième siècle: ce déclin ne signera pourtant pas la fin de la discipline. Jusqu’au dix huitième siècle, il apparaît difficile de proposer des critères de distinction efficace pour tracer la ligne qui sépare l’alchimie de la chimie.
On va considérer que la chimie moderne a pour origine l’alchimie des anciens, sans chercher à dater précisément l’essor de la chimie en tant que telle puisque durant longtemps, les deux disciplines étaient semblables en de nombreux points. C’est plutôt la dimension philosophique et spirituelle de l’alchimie qui la distingue de la chimie: c’est aussi cette dimension particulière qui explique que de nos jours, malgré les progrès extraordinaires de la chimie moderne et l’invalidation acceptée de nombreuses thèses proposées par les alchimistes d’antan, l’alchimie continuent à avoir de nombreux adeptes. Il suffira d’ailleurs pour s’en convaincre de taper au hasard d’un moteur de recherche des mots tels que «apprendre l’alchimie», «alchimie spirituelle», «symbole alchimiques», pour se rendre compte de la foultitude de sites web consacrés à cette pratique.

Le Mercredi 04 Mars 2009 à 10:03
Article écrit par ludovic

P.S. Le rajeunissement complexe du corps par la teinture philosophale (teinture alchimique ou élixir de longue vie) est réel.
Tous les chercheurs sur le sentier de l’alchimie et ceux qui s’intéressent pratiquement au thème de l’élixir de jouvence ou de la teinture alchimique de rajeunissement, svp, écrivez-moi: al.muqarrib@gmail.com

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